Vivienne Valembert
Une littérature du regard
Le silence comme matière romanesque
Le silence occupe une place particulière dans son écriture. Non comme absence de récit, mais comme ce qui travaille le récit de l’intérieur.
Ce qui n’est pas dit peut être plus déterminant que ce qui est prononcé : une vérité familiale repoussée, une attente jamais formulée, une procédure qui refuse sans jamais dire qu’elle refuse, un amour contenu jusqu’à devenir distance.
L’écriture cherche alors moins à expliquer qu’à rendre perceptible ce qui continue d’agir lorsque les mots se sont retirés.
Du réel à la fiction
Le réel constitue souvent un point de départ, jamais une frontière. Une expérience, une observation, un mécanisme social, une rencontre ou une mémoire peuvent fournir l’étincelle initiale.
L’écriture les déplace ensuite, les fragmente, les confronte à d’autres possibles et les transforme en matière romanesque.
Cette proximité avec le réel explique peut-être pourquoi certains récits donnent parfois l’impression troublante qu’ils pourraient avoir lieu à quelques mètres de nous — ou qu’ils ont déjà commencé.
Plusieurs genres, une même recherche
Vivienne Valembert ne s’attache pas à un genre unique. Chaque territoire romanesque lui permet d’approcher autrement une même question : comment les êtres continuent-ils à se construire lorsque quelque chose a déjà commencé à les transformer ?